• Réaction de l’Association québécoise de l’industrie du chanvre et du cannabis (AQIC) et de la Fédération internationale des associations de cannabis et de chanvre (FIACC) aux excuses de la Première ministre du Québec
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Réaction de l’Association québécoise de l’industrie du chanvre et du cannabis (AQIC) et de la Fédération internationale des associations de cannabis et de chanvre (FIACC) aux excuses de la Première ministre du QuébecActualité du jour

Publié le 19 septembre 2026 par AQIC

Nous saluons les excuses présentées par la première ministre à l’entreprise Greentone et à ses employés-es. Elles étaient nécessaires et nous les accueillons respectueusement. 

Mais nous ne pouvons pas faire abstraction du contexte dans lequel elles surviennent. 

La première ministre est aujourd’hui candidate à Trois-Rivières, au coeur d’une région où l’industrie du chanvre et du cannabis compte des entreprises, des entrepreneurs et des travailleuses et travailleurs. Ses excuses surviennent également en pleine campagne électorale, quelques jours seulement après des propos qui ont suscité une réaction d’indignation largement médiatisée dans notre industrie. 

Nous ne prétendrons pas connaître les motivations qui ont conduit la première ministre à changer de ton. Mais nous avons maintenant besoin de savoir si ce changement marque une réelle évolution dans la façon dont son gouvernement considère notre industrie ou s’il restera limité aux paroles prononcées pendant une campagne électorale. 

La réponse ne viendra pas d’autres excuses. Elle viendra des gestes. 

Parce que les faits demeurent. Depuis près de huit ans, son gouvernement a systématiquement mis en place ou maintenu des mesures qui ont nui au développement de l’industrie québécoise du chanvre et du cannabis. 

Il a resserré davantage l’encadrement québécois. Il maintient des restrictions qui vont au-delà du cadre fédéral. Il maintient nos entreprises à l’écart de toutes mesures de développement économique accessibles à d’autres secteurs dans un cadre de référence gouvernemental tenu secret. 

À titre d’exemple, lorsque des entreprises de notre industrie ont accueilli des réfugiés de pays en guerre et ont voulu leur donner accès à des mesures de francisation afin de leur permettre de maintenir un emploi, l’accès au programme gouvernemental leur a été refusé. 

Nous demandons à nos entreprises d’innover, d’améliorer leur productivité, de créer des emplois, d’exporter et de concurrencer le marché illicite, mais nous leur refusons en même temps l’accès à tous les outils permettant aux autres entreprises québécoises de faire exactement cela. 

On ne peut pas demander à une industrie de combattre le marché illicite tout en lui attachant les mains dans le dos. 

Le même paradoxe existe dans l’accès au marché. Selon les données compilées par l’AQIC, seuls environ 19 % des producteurs québécois titulaires d’une licence ont actuellement accès aux tablettes de la SQDC. 

Au Québec on compte 1,1 point de vente / 100 000 habitants contre 12,4 en Ontario et 20,6 en Alberta. 

À cela s’ajoute un enjeu de transparence. 

Le Vérificateur général a documenté des lacunes dans certains processus d’approvisionnement de la SQDC. Par exemple, lors de l’introduction d’une nouvelle catégorie d’extraits en 2023, seuls 14 fournisseurs avaient été sollicités alors qu’environ une centaine détenaient la licence pertinente. La SQDC n’avait conservé aucune information permettant d’établir les motifs expliquant quels fournisseurs avaient été contactés ou non. 

Et au moment même où l’industrie demande davantage de transparence, nous constatons un changement de cap préoccupant dans la façon dont la SQDC dialogue avec elle. 

Depuis deux ans, toutes les propositions de collaboration structurée soumises par l’AQIC à la SQDC ont été rejetées, jusqu’à notre proposition de mettre en place un simple forum d’échange. Il est donc difficile de comprendre qu’on refuse un espace de dialogue avec l’association représentant collectivement l’industrie tout en privilégiant désormais des rencontres à huis clos avec un nombre restreint de fournisseurs. 

Le dialogue a atteint un point particulièrement préoccupant lorsque la SQDC nous a fait comprendre, à mots à peine voilés, qu’elle ne souhaitait entendre aucune critique de l’AQIC sur ses activités ou son travail, sous peine d’en affecter la relation. Une association sectorielle ne peut pas être considérée comme un partenaire uniquement lorsqu’elle approuve les décisions d’une société d’État. Son rôle est aussi de poser des questions, de soulever les problèmes et de défendre les entreprises qu’elle représente. 

Cette situation est d’autant plus préoccupante dans un modèle où une entreprise dépend d’un seul acheteur en situation de monopole, il est illusoire de croire qu’elle pourra critiquer librement les décisions de celui dont dépend son accès au marché. Les répercussions commerciales d’une dégradation de cette relation peuvent être catastrophiques pour l’entreprise. 

Nous sommes évidemment favorables à ce que la SQDC rencontre directement ses fournisseurs. Mais lorsque les discussions concernent des enjeux systémiques, accès au marché, approvisionnement, prévisibilité, critères de sélection et de retrait, information stratégique ou développement de la filière, elles ne devraient pas se dérouler uniquement derrière des portes closes. 

L’AQIC représente collectivement les producteurs et les transformateurs québécois. Nous demandons un dialogue structuré avec leur société d’État. 

Ce modèle existe déjà au Québec. 

La SAQ travaille depuis des années avec les associations représentant les producteurs québécois. Une société d’État peut donc remplir sa mission tout en travaillant ouvertement avec l’organisation représentant collectivement une filière. 

Pourquoi ce qui est possible pour le vin québécois ne le serait-il pas pour le cannabis québécois? 

C’est dans ce contexte que les propos de la première ministre ont autant heurté notre industrie, d’autant plus que ce n’était pas la première fois que cette entreprise était utilisée de cette façon dans le débat politique. Avant même le Face-à-Face, Christine Fréchette avait déjà invoqué une « entreprise de pot » pour déprécier le bilan économique de ses adversaires à Bécancour. 

Voilà pourquoi nous considérons que le problème dépasse une mauvaise formulation pendant un débat. Ce ne sont pas seulement les mots qui doivent changer. Le regard de l’État sur cette industrie doit changer. 

Les excuses de la première ministre ferment le dossier de ses paroles. Elles ne ferment certainement pas celui du bilan de son gouvernement envers notre industrie. 

Nous demandons maintenant des gestes. Nous demandons une révision des exclusions économiques qui frappent nos entreprises. Nous demandons que l’encadrement québécois soit réévalué à partir des données accumulées depuis la légalisation. 

Nous demandons davantage de transparence dans les processus d’approvisionnement de la SQDC. 

Nous demandons le retour d’un véritable dialogue structuré entre la SQDC et l’association représentant collectivement les producteurs et les transformateurs. 

Et nous demandons que nos entrepreneurs soient enfin considérés pour ce qu’ils sont : des entrepreneurs québécois qui exploitent des entreprises légales, réglementées, créatrices d’emplois, d’expertise et de richesse. 

Nous ne demandons pas de traitement de faveur. Nous demandons la fin du traitement défavorable. 

Et puisque la première ministre souhaite aujourd’hui réparer les effets de ses paroles, nous lui proposons une façon très simple de démontrer que ce changement va au-delà du contexte électoral : que son gouvernement vienne rencontrer notre industrie. 

Nous avons invité des représentants de son gouvernement à notre prochaine rencontre avec les entrepreneurs de la filière. Qu’ils viennent rencontrer les entrepreneurs. Qu’ils parlent aux travailleurs. Qu’ils visitent leurs installations. Qu’ils constatent leur niveau d’expertise et d’innovation. Et surtout, qu’ils viennent discuter avec nous des politiques publiques qui freinent encore leur développement. 

Voilà comment nous pourrons savoir si cet épisode marque réellement un changement de cap. 

Nous sommes prêts à travailler avec le gouvernement, mais le statu quo n’est plus acceptable. 

Après près de huit ans de légalisation, il est temps de remplacer les perceptions par les faits, les portes closes par le dialogue et les obstacles par une véritable politique de développement de la filière québécoise du chanvre et du cannabis. 

Notre porte est ouverte. À son gouvernement maintenant de la franchir. 

Pour plus amples informations sur nos demandes dans le cadre de l’élection provinciale 2026, consultez la page : DOCUMENTS COMPLÉMENTAIRES

À propos de l’AQIC 

L’AQIC offre à ses membres un forum de réflexion sur les enjeux qui touchent l’industrie québécoise de ce secteur et agit comme interlocutrice constructive auprès des instances gouvernementales et des parties prenantes. Elle vise le développement responsable d’un cadre réglementaire adapté au Québec, et ce, dans l’atteinte des objectifs de santé et de sécurité publiques visés par la légalisation du cannabis, soit la réduction des méfaits associés à la consommation par l’offre de produits de qualité soumis à de rigoureux contrôles et la redirection de l’achat de cannabis vers l’économie licite. 

Pour de plus amples informations, consultez le site : aqic.ca

À propos de la FIACC 

Fondée en mars 2023, la FIACC représente l’écosystème du cannabis et du chanvre sur les enjeux internationaux et se compose de toute association à portée nationale qui a des activités liées au cannabis ou au chanvre. La mission de la Fédération est de rassembler les associations de chanvre et de cannabis, de soutenir le développement responsable de la légalisation, de la culture, de la transformation et de la commercialisation des cannabinacées et de faire progresser la durabilité, la diversité, l'équité, l'inclusion et l'accessibilité au sein de l'industrie mondiale. 

La FIACC souhaite être une actrice clé et la voix de l'écosystème du chanvre et du cannabis au niveau mondial. Mais également être reconnue par les membres de la Fédération et les parties prenantes comme une interlocutrice crédible et constructive, ayant la capacité de répondre aux besoins stratégiques mondiaux ainsi que de soutenir les nations dans leur cheminement réglementaire vers la légalisation. 

Pour de plus amples informations, consultez le site : ifcha.org

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Demandes médias et services aux membres 

Caroline Shevlin 
Coordonnatrice 
Association québécoise de l’industrie du cannabis (AQIC) 
Téléphone : 514 834-9233 
Courriel : info@aqic.ca 

 

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